Portrait de longeur : Thomas Wallyn ou Monsieur Longe-côte

Portrait de longeur : Thomas Wallyn ou Monsieur Longe-côte

1ère Partie

Le longe-côte est aujourd’hui une pratique connue et reconnue. Pourtant, il y a 15 ans, elle n’existait pas. C’est Thomas Wallyn qui l’a pensée, imaginée, testée et créée…

Aujourd’hui, dans portrait de longeur, nous avons la chance de vous partager le témoignage de l’inventeur du Longe-côte, celui grâce à qui, tout a commencé !

Thomas Wallyn, 53 ans, je suis né et j’habite toujours à Dunkerque, quartier Rosendaël pas loin de la mer.

Racontez-nous comment tout a commencé

L’invention d’une pratique

C’était le 15 septembre 2006, je me souviens très bien de ce moment, car j’ai mis enfin un nom sur ce que je faisais.

L’origine du longe-côte c’est maintenant une vieille histoire, mais au départ, c’était une méthode d’entrainement pour les rameurs. Je cherchais une nouvelle méthode de musculation pour faire travailler les muscles antagonistes. Ceux qui ne sont pas moteurs chez le rameur et qui souffrent d’un déficit musculaire par rapport aux muscles principaux comme les biceps et les quadriceps. L’idée était de rééquilibrer la musculature des rameurs et notamment ceux de haut niveau.

Je suivais à l’époque des rameuses, notamment en équipe de France. Elles étaient très fortes physiquement mais qui présentaient aussi des déséquilibres musculaires. L’idée est donc partie un peu de là, comment trouver une méthode de musculation douce qui puisse rééquilibrer tout ça.

J’ai commencé à aller dans l’eau avec ma pagaie car j’aimais beaucoup le kayak comme complément de l’aviron. L’idée m’est venue tout bêtement on appelle ça la sérendipité ! Je ne l’ai pas fait exprès et il se trouve que je me suis fait plaisir.

Petit à petit, en avançant, j’ai trouvé des solutions par rapport aux courants, à la vague. J’ai pu affiner ma technique et me faire de plus en plus plaisir avec ma pagaie. Je précise bien que c’était une pagaie double à l’époque. J’y reste attaché malgré tout car il y avait la possibilité de marcher sans pagayer. La pagaie double faisait office de balancier. J’y trouvais mon compte et au niveau de l’appui il y avait une envergure intéressante que ne présente pas forcément la mono pagaie. Cependant, la mono pagaie a d’autres intérêts. Notamment l’esthétique du geste, le transport aisé et la facilité d’accès pour les néophytes.

C’est tout cela qui a joué dans le développement d’une pratique que j’ai baptisé en 2006 « longe-côte« . Il fallait bien lui donner un nom. C’était le 15 septembre 2006, je me souviens très bien de ce moment, car j’ai mis enfin un nom sur ce que je faisais.

A l’époque mon entourage s’amusait avec mon activité « récréative ». Mais petit à petit j’ai pu faire venir des gens dans l’eau et porter un projet de création de club.

Les bases du développement du Longe-côte

Nous voulions vraiment développer un sport à part entière

Avec deux autres personnes de Dunkerque nous avons créé le premier club de Longe-côte « OPALE Longe-côte ». Très vite nous avons été en désaccord sur la façon de voir les choses. Nous, nous voulions vraiment développer un sport à part entière, pas uniquement une activité récréative ou une activité de plein air. Nous avions une volonté affirmée de créer un nouveau sport en France. C’est le point de départ de l’aventure.

Hervé Benoit-Chieux et moi-même avons tenu à ce que l’aspect physique et technique du longe-côte soit mis en avant et qu’on puisse organiser petit à petit des compétitions.

Nous avons su très vite que, pour créer un sport en France, il fallait organiser un championnat de France. Petit à petit, avec l’organisation d’une première compétition à Boulogne puis à Bray Dunes et sur l’ensemble du littoral nord, nous avons pu mettre en place cette filière compétitive.

L’autre volet, c’était la formation, le deuxième grand chapitre du développement. Il faut rendre hommage à Hervé Benoit-Chieux qui a été déterminant sur cet aspect.

L‘objectif était que nos encadrants soient formés à l’encadrement et à la sécurité. C’est une pratique qui n’est pas anodine car nous évoluons en milieu marin et les risques sont donc importants. On a formé nos premiers encadrants avec les Sentiers Bleus. Ensuite, une réelle dynamique s’est enclenchée avec des créations de clubs. Bray Dunes a été un point central de la mise en place de la filière compétitive avec les premiers arbitres.

Le développement du Longe-côte dans la France entière

Toujours avec Hervé Benoit-Chieux qui était aux manettes des Sentiers Bleus, nous avons pris contact avec la Fédération Française de Randonnée. Un beau jour, ça s’est fait, sur une idée commune. Il fallait développer un sport santé, un sport ouvert à tous mais aussi organiser cette fameuse filière compétitive. C’est elle qui nous rendrait crédible auprès des instances du sport Français.

Des clubs ont commencé à se créer. Cela a commencé en Normandie, puis dans le sud avec notamment la création du club de Hyères. Il a mis une dynamique qui n’existait pas au-delà de la Normandie à l’époque. Ce club dirigé par ma sœur et mon beau-frère qui a été repris depuis par Annie Biscaras et son mari a beaucoup progressé. Il a maintenu une dynamique sport importante pour la légitimité du longe-côte marche aquatique en France. Le développement méditerranéen a continué avec Mandelieu-la-Napoule qui a été déterminant pour mettre en place une dynamique plus longue et plus ouverte aux autres clubs et participer aux 1ers championnats de France en 2015 à Leffrinckoucke. Ce sont des clubs qui ont été moteur avec d’autres.

Il y a eu rapidement beaucoup de création de clubs. C’est à ce moment là que la fédération française de randonnée qui était devenue délégataire a eu un rôle déterminant.  Elle a fait un immense travail pour fédérer les clubs et mettre en place la formation des encadrants. Cela a été fait sur la base de ce qu’avait commencé par les Sentiers Bleus mais avec un cahier des charges plus précis et avec le développement des formation pros.

J’ai pu suivre cette formation pro et y participer avec mon ami Yoann Coëdel qui commence à être connu dans le milieu du longe-côte. Ce fut une belle expérience.

longe-côte

Dans la 2ème partie, Thomas Wallyn nous explique ce qui, selon lui, a favorisé un tel engouement. Il nous partage également sa vision sur la pratique d’aujourd’hui.

Portrait de longeur : Thomas Wallyn ou Monsieur Longe-Côte 2 ième partie

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